Vous savez cette sensation de vide, cette sensation que plus rien n'a d'importance? Je crois que ce vide est en réalité un trop plein de choses, il y a un moment où tout doit déborder et malheureusement, on ne sait jamais quand ça va arriver. Il me semble que je passe les pires vacances que j'ai jamais passé, la semaine m'a paru durer une éternité et encore, elle n'est pas terminée. On se dit que si il y avait eu ça ou encore ça, cela aurait été mieux et pourtant non. On descend s'asseoir sur un banc, on regarde le ciel bleu, les feuilles vertes des arbres parce que c'est le printemps, on en oublie l'odeur et les bruits habituels de la ville, on n'entend plus que le bruit de l'eau de la fontaine, on ressent cette chaleur sur le visage, on fume une clope et pourtant tout ça parait fade. Un autre jour, ces choses simples de la vie auraient pu être merveilleuses... Sûrement dans d'autres circonstances. Demain, j'aurai ce que j'attends depuis une semaine : La possibilité de sortir de ce 90m² sans craindre aucune réflexion, je vais quitter cet ordinateur, ce lit, cet état végétatif, mais j'ai pourtant l'impression que ça ne suffira pas à essuyer tout ce qui a débordé. J'en arrive à me demander d'où provient cet état quasi-constant de mécontentement face à la vie et parfois je trouve la réponse. Le responsable de cet état n'est personne d'autre que moi. J'aime la plupart du temps me voiler la face, chercher des excuses, mais il arrive un moment où l'ont doit assumer nos actes. J'ai fumé, j'ai bu, j'ai baisé, j'ai menti, j'ai ri, j'ai pleuré, j'ai été un mur, j'ai aimé, j'ai détesté, j'ai espéré, j'ai regretté, j'ai mérité, j'ai été ce que j'ai toujours été, j'ai fait ce que j'ai toujours voulu faire : J'ai voulu faire semblant de vivre. Mais au lieu de faire semblant, pourquoi ne pas réellement vivre ? La lâcheté, je ne vois pas ce que ça pourrait être d'autre. Alors on essaie de changer et c'est là qu'on se rend compte, qu'en fait, on s'est peut être construit sur ses erreurs et que changer n'est pas si facile que ce que l'on pensait. Mais il faut l'avouer, les erreurs, on les oublie vite, le plus dur, c'est de pratiquer l'auto-persuasion pour soi, pour les autres. Il y a des choses que l'on ne pourra jamais effacer, des choses avec lesquelles nous vivrons toute notre vie, des souvenirs qui resteront à jamais dans notre mémoire, des sentiments qui ne peuvent être combattus. Et il n'y a pas d'explications, on ne sait pas pourquoi on le ressent, pourquoi on en est certain, c'est simplement comme ça. C'est là et on ne peut pas le nier. Comme Socrate l’a dit, « Tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien ». Je ne suis pas sûre de savoir ce que je sais et de pouvoir affirmer que je sais pour la simple et unique raison qu’il ne s’agit pas de savoir, mais peut être de le ressentir… J’en arrive même à me perdre dans ce que je dis. Je ne comprends pas ce qui me pousse à faire souffrir les gens, pourquoi je ne suis pas capable de prévoir ce qui les fait souffrir. Je dois être trop égoïste et trop naïve. Ou alors je me voile juste la face, nier les choses est tellement plus simple. Je me rends compte que dans le fond, je ne sais pas réellement ce que je veux, en fait je ne sais pas du tout ce que j’attends. Je n’attends certainement rien d’autre que le bonheur me fasse un signe. Il l’a fait le 17 avril à 15h03.


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